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Le jeune qui mourut

 

Le jeune homme marche dans la rue.

 Les gens rient, s’agitent et  s’interpellent autour de lui, mais aucun bruit ne traverse la masse cotonneuse que crée autour de lui la chaleur étouffante de ce mois d’août.

Il n’entend qu’un unique murmure, qui caresse son esprit comme une fraîche brise matinale.

« Viens » lui dit-elle, « Je te conduirai là-bas. »

Il continu de marcher, sans savoir où il va, sans hésiter pourtant sur la direction à suivre.

La température semble augmenter de minute en minute.

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Soudainement, un courant électrique remonte violemment le long de son bras droit. Il vient de frôler du bout des doits la veste légère d’une jeune femme. Il est ému un instant, sans savoir réellement pourquoi.

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Le fleuve n’est maintenant plus très loin et au moment où il fait cette constatation, il comprend que c’est là l’endroit où il se rend.

La voix qui le guide depuis son réveil (ou son assoupissement psychologique ?) répète une seconde fois : « Viens, je te conduirai là-bas. » On dirait presque qu’elle chante.

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Le trottoir haut, le pont, la balustrade et enfin le fleuve qui s’étend et se perd dans les brumes de la pollution citadine.

Il se penche mais l’eau est trop loin, trop floue pour qu’il puisse apercevoir son reflet.

Il n’entend toujours pas le bruit de la rue mais ce silence intérieur le calme et l’apaise. Tout à l’heure, son cœur cognait si fort qu’il craignait se briser les côtes. Maintenant il respire plus librement, l’air est plus frais sur son visage et il n’a plus peur. Enfin.

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Il est resté au même endroit plusieurs longues heures, sans bouger, sans ressentir la faim, la fatigue ou la chaleur du soleil.

Puis la nuit est lentement arrivée et quand les premières froides étoiles sont apparues, la voix qui murmurait doucement s’est éteinte.

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La chute n’a duré que quelques secondes. A peine le temps d’une ou deux respirations.

Le choc, l’eau froide et pendant une fraction d’éternité, un visage de femme lui est apparu.

Maintenant, il pourra la suivre partout.

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