Un amour de Terrine<o:p></o:p>
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Chapitre 1
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Viens, ça sera génial, tu verras !
Tu parles ! Déjà, louer une baraque au fin fond de la campagne, ça ne me disait pas trop. Moi, au bout de deux jours de verdure à perte de vue, jai tendance à faire des overdoses de chlorophylle. Mais là, ça commence sérieusement à sentir le plan foireux à plein nez. Je suis dans train et dans quelques minutes, jarriverai à Bourg-en Bresse, où mes chers amis doivent venir me chercher. Sauf quils viennent de téléphoner et il semblerai quil y est un petit changement programme : finalement ils ne viendront que dans quelques jours. Lexcuse : bidon. La seule chose que je comprends cest que je vais passer les premiers jours de ces vacances si prometteuses toute seule dans un village perdu au fin fond du néant campagnard. En plus, la climatisation du train est tombé en panne alors quil doit faire 72°c à lombre. Depuis Paris, jen suis déjà à ma quatrième mini bouteille dEvian.
Génial nest peut-être pas le bon mot
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Bien sûr, quand jarrive à la gare, je ne trouve pas de taxi. Evidemment. Et Après avoir discuter avec le patron dun troquet, il semble que le moyen le plus simple pour rejoindre le village dindien où mattend ma location à soixante petits kilomètres dici- cest dattendre le lendemain matin et de partir avec la boulangère. Mais non, ça la dérangera pas, cest une amie à lui, et elle adore discuter alors ça lui fera plaisir davoir un peu de compagnie. Bon, va pour la boulangère. De toute façon, vu lheure, je nai pas trop le choix.
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Le lendemain, après avoir passer une nuit dans un vieux Campanile, jembarque à bord dune vieille camionnette à croire quils ont rien de neuf ici- avec la boulangère. Elle a lair sympa, le problème cest queffectivement elle aime parler. Beaucoup. Trop. Et en plus, il y a un petit détail que je navais pas capté : ce nest pas elle qui maccompagne au village, cest moi qui laccompagne dans sa tournée ! Donc au lieu de mettre une demi heure, il nous faut trois heures de route, le temps de passer par tous les hameaux de la régions. Comme cest une gentille femme, elle a lextrême amabilité de me faire lhistorique de chaque clocher, de me retracer la généalogie de chaque famille et de me raconter les rumeurs de chaque coin de rue. Jaime les potins, mais savoir que Madame Simone a déchiré une carte postale le mois dernier puis a donné une claque à Marcel parce que son tracteur puait, très honnêtement, je narrive pas à mintéresser, oui, même en faisait un gros effort. Enfin bon, au bout de trois heures qui en paraissent mille, et où jai vaillamment résisté à lenvie darracher le pare soleil pour assommer mon chauffeur bavard, jarrive sur la place de Poncin.
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Ô joie, Ô bonheur. Me voilà comme Ulysse ayant enfin atteint les rivages dIthaque. Soulagée dêtre enfin arriver, je remercie tout de même Martine. Mais mon bonheur est hélas de courte durée. Où suis-je tombé. Quai-je fais pour mériter ça ? Moi qui ai du mal à survivre loin du métro, de la place Soufflot et du jardin des plantes ?? Cest une mauvaise blague ou une caméra cachée, mais je refuse de croire que lendroit « trop coooool » choisi par mes potes soit ce village de quatre-vingts seize habitants dont soixante-treize du troisième âge ! Maintenant cest sûr, je vais mourir.
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Bon comme je suis super courageuse, je soulève quand même ma valise et je prends la première - et unique - rue afin de trouver mon gîte. Lavantage, cest que je risque pas de me tromper, il ny en a quune seule avec laffreux macaron « gîtes de France ».
Sauf que je nétais pas censé être la première ici. Donc je nai pas les clés Là première angoisse. Il me faut bien dix minutes pour trouver un endroit où mon portable capte afin dappeler mes amis pour avoir le numéro ou ladresse du propriétaire. Ce délai signifie que je vais passer quelques jours seule au monde, dans un endroit où je naurais pas constamment cinq barrettes de réseau ! Je commence à avoir des sueurs froides . Respirer profondément. Je finis par obtenir une tonalité et à récupérer le numéro.
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Une fois prévenu, le proprio ne met que quelques minutes à venir, faut dire quil habite dans le village aussi. Cest un vieux monsieur, assez gentil, qui en qui a un talent remarquable. En moins de trois minutes montre en main il vient de ma raconter une grande partie de sa vie marital, son mariage, le caractère difficile de sa femme et est ce que je veux bien arroser sa plante verte ? Il parait quelle fait une allergie alors que lui les adore. Du coup il en a mis un dans la maison, et il vient tout les deux jours pour soccuper delle. Il ma dit le nom mais je lai oublié dans seconde qui suivit.
Puis je découvre avec quelques appréhension lintérieur de la maison. Tout dabord la cuisine. Immédiatement ça va mieux. Il y a un four micro-onde donc je ne vais pas mourir de faim. Comble du luxe, je découvre ensuite une machine à café. Ma survie sera peut-être possible finalement
Comme il est déjà presque midi, je décide de continuer mon exploration après le déjeuner. Sauf que le frigo est vide. Evidemment. Heureusement, face aux grands problèmes, je nai jamais eu peur de prendre les grandes décisions nécessaire. Je décide donc immédiatement de planter un potager. Dun côté, je mettrais les légumes et de lautre, des herbes aromatiques en tout genre. Et je construirai une petite fontaine en marbre blanc. Et je pourrai élever quelques poules et des lapins. Et je ferais des tartes aux myrtilles.
Javoue, en fait, jai juste fini de manger le paquet de petits Lu que javais encore dans mon sac, un paquet entier de fraises tagadas dailleurs ça écure très vite - et un chewing-gum. Le tout arroser dun grand verre deau. Les poules et la tarte attendront
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Voilà, ça cest fait Comment vais-je occuper mon après-midi moi ? Ici, sans voiture, sans réseau, sans ordinateur, sans personne ? Jamais à court didées, je prends ma valise et je commence à explorer mon nouvel intérieur. On appelle ça la « familiarisation avec le milieu hostile ». En premier, le salon. Rien de très intéressant, sauf un lecteur DVD. Mais je nai pas de DVD avec moi, évidemment. Je découvre aussi la plante dont je dois moccuper. Elle trone dans un pot en plein milieu de la table de basse. Personnellement, je lui trouve rien de particulier, mais la botanique, ça na jamais été mon fort. Puis les toilettes. A létage, quatre chambres et deux salles de bain. Je prends tout mon temps pour choisir la plus belle pièce, les premiers arrivés sont les premiers servit, et toc ! Je minstalle tranquillement, je vide ma valise, je retouche mon gloss., je vérifie labsence de message sur mon répondeur Il doit au moins être 14h là. Je vérifie avec espoir à mon poignet. 12h15. Et là, tout à coup, je ressens comme une vague de panique. A la campagne, le temps sarrête pour moi. Je vérifie ce phénomène depuis que je suis toute petite. A chaque fois cest pareil. Il suffit que je méloigne un peu des relais téléphone, quil y ait autour de moi trois champs et que je sois à moins de deux cent mètre dune vrai vache et là ça ne loupe jamais. Le temps sarrête, lair semble immobile et jentends mon propre souffle. Langoisse totale. Jai du mal à respirer. Jai besoin du contact de la civilisation. Tout de suite.
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Chapitre 2<o:p></o:p>
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Cest ainsi, avec la ferme attention de pactiser avec les peuplades de ces terres reculées, que je quitte la maison. Jadore les gâteaux secs, mais de la à ne manger que ça pendant trois jours, il y a tout un monde.
Je sors dans la rue et me dirige lentement vers la place centrale. Lambiance est menaçante. Il fait très chaud. Tout est silencieux. Le village semble désert. On se croirait dans un mauvais Western, surtout quand je vois une poule traverser la rue en picotant. Jessaye de me concentrer sur mon objectif : trouver de quoi remplir mon frigo. Je me laisse guider par une odeur alléchante de poulet rôti. Cette solution est mille fois plus simple que celle de courir moi-même après la volaille qui refuse de ce laisser attraper, chose que je comprends parfaitement. Cest ainsi que jatterrie dans la petite boucherie local. Tant mieux pour moi, cette boutique semble être le point de ralliement du village, là où tout se passe, là où ça bouge ! C'est-à-dire quau moment où jarrive, il y a trois vieilles dames et le boucher qui discutent avec animation. Lune est assise sur une chaise, son caddie coller à elle. Lautre tiens dans ses bras un genre de caniche affreux qui aboie aigu. Je déteste les chiens et encore plus les caniches qui aboient aigu. La troisième, superbe dans sa jolie blouse fleurie très estivale, bouge avec conviction les bras dans tous les sens pour appuyer ses propos. Mais au moment où jentre, jassiste à un magnifique arrêt sur image grandeur nature. En une fraction de seconde, les trois arrêtent leur bavardage, se tourne vers moi et me passe au scanner intégral. Cest encore pire que lors dun entretient dembauche ! Faut dire que je ne dois pas avoir le look couleurs locales avec mes sandales compensées, mon sac à main top tendance et ma manucure nickel. Heureusement quelles ne savent pas que jai mon pass navigo dans une poche et un téléphone dernière génération dans lautre. Puis, brusquement, comme si je navais jamais fais irruption dans leur monde, elles repartent de plus belles dans la critique gastronomique du dernier déjeuner de famille donner par la voisine, Madame Jeannine semble-t-il. Résignée à mourir dennuie debout, je passe en revue la boutique du regard. Elle a tout les détails du commerce de proximité villageois. A gauche de la porte, un grand bac remplie de paquets de chips en tout genre. Personnellement, je déteste ceux avec les goûts chimiques et bizarres genre « barbecue » ou « bolognaise » et pire encore « oignon ». Jai toujours eu un problème avec les produits « goût oignon ». Une fois, lors dun voyage scolaire en Angleterre, alors que javais vraiment faim, une fille ma proposer un muffins que sa famille daccueil lui avait donné. A loignon. Sauf que je ne le savais pas. Et les muffins aux oignons, ce nest pas bon du tout Une autre fois, sur un marché de Noël, javais pris une grande cuillère de confiture à la poire. Et surprise ! Je navais pas pioché dans le bon pot et jai avalé une grande bouché à loignon. Et la confiture à loignon, quand on attend de la poire, ce nest pas bon du tout Mais je mégare là. Sur le même mur, il y avait des étagères avec des boites de paquets et des conserves. Tout le côté droit était occupé par la vitrine. Jai toujours trouvé ça un peu écoeurant : les salades composés qui ne ressembles à rien, les pâtés en croûte, toutes ces choses qui flottent dans de la gélatine brunâtre, et ces tranches de viandes sanguinolentes. Le pire dans tout ça, se sont les cervelles et les langues. Brrr rien que dy penser ça donne la chair de poule. Je relève donc assez rapidement les yeux. Comme dans presque toutes les boucheries du pays, il y un poster au mur avec un cochon en costume, qui rigole. Je ne comprend pas. Pourquoi ont-ils tous cet affreux poster ? Cest un cadeau offert pour « toute boucherie ouverte » ? Et bien sûr, sur le comptoir, il y un autre petit cochon, en céramique celui là et avec une fente sur le dos. Il y a-t-il vraiment des gens qui donne un pourboire à leur boucher ?? Je trouve lidée étrange, après tout on nen donne pas dans les grands magasins, ou quand on achète un tee-shirt Lattente séternise, cest-à-dire que jattends plus de cinq minutes, ce qui est intenable pour quelquun qui, comme moi, viens dune ville où quand on marche au lieu de courir cest quon a rien à faire là, je tente de mintéresser discrètement à la conversation.<o:p></o:p>
- Parait que le ptit de
<st1:PersonName productid="la Jeanne" w:st="on">la Jeanne</st1:PersonName>,
cest le portrait craché de son père
cest pas facile de commencer dans la vie
avec un tel handicap
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- Cest surtout triste pour
la mère ! Si au moins il avait eu ses yeux, mais non ! <o:p></o:p>
- Cest comme Luc, le fils de
Madame Bourdin, hier il a
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Lanecdote est amusante. Le boucher
le remarque, ainsi que mon exaspération grandissante. Ok, cest parce que je
pianotais des doigts sur le bord de la vitrine en soufflant un peu et en regardant
en lair. Mais bon, je nallais pas rester ici, à attendre que les trois
vieilles passent en revue toute la population du village, leurs descendances et
les voisins des petits enfants ! Même si cest drôle à entendre. <o:p></o:p>
- Alors mademoiselle,
quest ce quil vous faut ? <o:p></o:p>
Heureuse que ça soit enfin
mon tour, je réponds en souriant.<o:p></o:p>
- Un poulet rôti sil
vous plait.<o:p></o:p>
- Avec ou sans patates ? <o:p></o:p>
- Sans,
merci.<o:p></o:p>
- Je suis désolé, elles ne veulent pas
partir
dit-il en agitant le sachet en papier.<o:p></o:p>
- Pardon ??<o:p></o:p>
- Les patates, elles ne veulent pas partir du
sachet
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Il secoue de nouveau le sac
sur lequel est représenté une poule entourée de petites pommes de terre de
jaunes, sur un fond de campagne. Je comprends la blague, il parle du dessin.
Cest misérable. Mais maintenant je sais pourquoi il y a foule dans sa
boutique : cest LE rigolo du village, celui qui y met de lanimation, qui
le fait vivre ! Je tente de sourire mais cest impossible. La blague nest
vraiment pas assez drôle. Je dois faire une tête bizarre, parce quil
rajoute : <o:p></o:p>
- Nattristez pas votre front gracieux, continuez à
sourire, cest si joli. Et il me fait un petit clin dil en emballant
mon futur dîner. Là, je suis étonnée. Je dois faire erreur, ce nest pas
possible. Non, sérieusement ?
- Désolée, je dois rêver debout, mais merci, cest gentil à
vous
- Riez pourtant !
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- Du sort ignorez la
puissance
Cest à son tour de faire un grand sourire. Je ne rêvais
donc pas. Il est en train de me citer A
une jeune fille de Victor Hugo. Je décide de le tester encore un peu, on ne
sait jamais.
-Maintenant que Paris, ses pavés et ses
marbres
- Et sa brume et ses toits sont bien loin de mes yeux ;<o:p></o:p>
Maintenant que je suis sous les branches des arbres
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Et que je puis songer à la beauté des cieux
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A Villequier. Comme ça, sans hésiter, il complète les vers dun poème inconnu pour la plupart des littéraires que je fréquente habituellement. Jen reste bouche bée. Il a fallu que ça soit un boucher perdu au fin fond de la campagne. Jai tellement du mal à y croire que je tente un dernier vers.<o:p></o:p>
- Le rêve et la brume
-Vont où va la nuit ;
Paupières et roses
S'ouvrent demi-closes ;
Du réveil des choses
On entend le bruit. <o:p></o:p>
Laurore sallume. Sans faute, sans oublier un mot, il récite la fin de la strophe. Cet instant est magique. Pour la première fois de ma vie, je rencontre un homme qui :<o:p></o:p>
1) sache du Victor Hugo par cur.<o:p></o:p>
2) Ait moins de cinquante ans et ne sois pas à moitié chauve.<o:p></o:p>
3) Ait un plan B dans la vie autre que chanteur, poète ou clochard-bôhème. <o:p></o:p>
<o:p> </o:p>Lui aussi à lair content. Les trois vieilles, elles, sont muettes. On dirait trois statuts mais elles ne perdent pas un mot de la conversation. Je soit sûrement leur donner matière à causer pour les vingt prochains hivers. Il me tend le poulet. Je paye et je mapprête à quitter la boutique quand il me demande timidement :<o:p></o:p>
- Mademoiselle, si je peux me permettre, si cela vous intéresse, il y a le serto à Nantua, demain matin, vous devriez venir <o:p></o:p>
- Le quoi ? <o:p></o:p>
Devant mon ignorance, la vieille au caddie se met à pouffer. Je la calme immédiatement avec le regard-qui-tue-numéro-17. <o:p></o:p>
- Le C-R-T-O. répète-t-il avec amabilité. Le Concours Régional de <st1:PersonName productid="la Terrine" w:st="on">la Terrine</st1:PersonName> dOr. <o:p></o:p>
- Et bien, euh pourquoi pas <o:p></o:p>
Pourquoi pas ? Jai déjà une très bonne raison qui me vient instantanément à lesprit : parce que je ne veux pas aller à une assemblée de rustres qui se réunissent pour manger du pâté en parlant cochon et volaille.<o:p></o:p>
- Je ne sais pas, peut-être <o:p></o:p>
- Ça me ferai plaisir <o:p></o:p>
Mais il est touchant. <o:p></o:p>
- Je verrai Au revoir Monsieur. <o:p></o:p>
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Chapitre 3<o:p></o:p>
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De retour à la maison, je repense à la scène. Victor Hugo par cur quand même ! Où alors il nen connaît que trois et il a eu beaucoup de chance. Mais les probabilités sont minces. En plus il était plutôt mignon dans son genre mis à part le gros tatouage en forme de scorpion sur son bras droit et le petit en forme de triskèle celtique sur le poignet gauche. Je naime pas trop les tatouages, pour moi ça fait homme-qui-veut-faire-viril ou femme-qui-veut-faire-sexy alors quen fait, ça fait souvent dessin-horrible-surtout-quand-on-vieilli. <o:p></o:p>
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Jétais en train de minstaller une chaise longue dans le petit jardinet derrière la maison, toute entière à mon analyse quand soudain la peur de ma vie ! Je me retrouve presque nez à nez avec une énorme vache ! Elle, pas un battement de cil, pas un poil qui bouge, elle me regardait tranquillement en mâchouillant un touffe dherbe. Mais moi, les animaux, cest encore pire que la campagne. Que ça soit un escargot mignon, un chien gentil, un bébé phoque trop chou ou une Montbéliarde qui sappelle Marguerite ça je le sais parce que cest écrit sur létiquette de son oreille je flippe. Pour la plupart des humains il y a : les insectes, les mammifères, les poissons, les reptiles et les oiseaux. Chez moi cest beaucoup plus simple : il y a les animaux dangereux et les animaux très dangereux. Ou alors parfois je change et ça donne : animaux à éviter et animaux répugnants. Pourtant, même si je déteste toutes les bêtes, cela ne mempêche pas dêtre révoltée quand on les maltraite, dêtre farouchement opposé au port de la fourrure et des bijoux en ivoire et de haïr les méchants qui font des marée noire qui tue les oiseaux et les poissons. Donc je me retrouve nez à nez avec Marguerite. La situation est totalement ridicule. Elle porte un nom de jolie petite fleur des prés alors quelle fait au moins un mètre cinquante au garrot pour huit cent kilo de viande ! Elle sest sûrement échapper dun champ voisin. Et ce nest pas moi, avec mes cinquante-cinq kilo tout mouillé, mon livre et ma chaise longue, qui vais la déplacer. Surtout que tout mon être refuse catégoriquement de sapprocher. Brusquement, toujours sans bouger, elle me lance un long meuuuuuuuuuh. Je fais un bond de cinq mètres en arrière tellement je sursaute fort. Je suis sûre quen plus, elle se moque de moi, on dirait quelle se marre en me regardant. <o:p></o:p>
Puis, tranquillement elle se met à avancer. Panique ! Elle se rapproche ! Alerte rouge ! Je me fais attaquer par un monstre à cornes ! Elle a une langue gigantesque et elle a le nez qui coule ! Beurk ! Au secours ! <o:p></o:p>
Nécoutant que mon instinct, je fais un prudente retraite dans la maison en priant très fort tous les dieux, même ceux de la mythologie grecque, de me sortir de ce mauvais pas. Je pense quils mont entendu vu que la vache, après avoir distraitement fait un tour sur la terrasse en ciment, a fait demi-tour. Je la suis du regard. Il y a dans le fond du jardin un grand trou dans la clôture, qui donne directement un troupeau. Je vais devoir vivre face à dix génisses plus grosse que ma voiture oui, je roule en smart, et alors ? pendant deux semaines. Cest sûr, je vais mourir. Le milieu est bien trop hostile <o:p></o:p>
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Jappelle donc rapidement le propriétaire de la maison pour lui expliquer mon problème dinvasion. Il a le culot de se marrer ! Il ne dois pas comprendre la détresse qui est mienne en cet instant. Savoir qua chaque instant mon espace vital peut être envahi par un représentant de lespèce animal est une angoisse que je ne peux pas supporter. Au lieu de compatir, il me dit que ce trou existe depuis des années, que ce nest pas grave, quen général les vaches ont la trouille et quelles ne devraient plus revenir maintenant quelles ont vu que la maison était de nouveau occupée. Mais ma voix commence à monter dangereusement dans les aigus. Je dois avoir lair hystérique puisque au bout dun moment il fini par accepter de venir régler mon problème de cohabitation. Je le remercie chaleureusement quand il me dit :<o:p></o:p>
-Au revoir, je passerai demain.<o:p></o:p>
- Très bien, merci beaucoup. A demain. Et nous raccrochons. <o:p></o:p>
Je ferme mon portable quand soudain je tilte. Demain ? Mais comment je vais passer laprès midi moi ? Je ne peux pas minstaller alors que le trou est là, béant ! Mais de là à le rappeler alors que je viens de me ridiculiser pendant dix minutes en le suppliant de faire quelque chose, cest trop. Je raplique donc dans la maison, en espérant très fort ne pas avoir le droit au Retour de <st1:PersonName productid="la Vache II." w:st="on"><st1:PersonName productid="la Vache" w:st="on">la Vache</st1:PersonName> II.</st1:PersonName> Cette fois le salon me parait beaucoup plus acceuillant, même si je regrette le fait de devoir rester enfermer alors quil y a un super soleil dehors.<o:p></o:p>
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